Sécurité des IMOCA : le point de vue des architectes

Dans la perspective du Vendée Globe, Vincent Lauriot Prévost et Guillaume Verdier ont proposé des solutions pour renforcer la structure des six monocoques Imoca pour lesquels ils travaillent, dont Safran. Explications…

Pourquoi avez-vous souhaité lancer une étude sur le renforcement de la structure des bateaux de la classe Imoca ?

Vincent Lauriot Prévost : Nos premiers bateaux datent du dernier Vendée Globe [2008-2009, ndr]. Il était donc devenu primordial de passer au crible les zones de coques les plus fortement sollicitées, puis imaginer des solutions de renfort. D’autant plus que de nombreuses avaries étaient survenues lors de la Transat Jacques Vabre 2011.

Guillaume Verdier : L’approche du Vendée Globe, course longue et éprouvante pour les monocoques, n’est pas étrangère au lancement de cette étude. Tous nos bateaux, y compris ceux qui n’ont pas connu de problèmes majeurs à ce niveau, en ont bénéficié. Il vaut mieux en effet prévenir que guérir ! Tout en sachant que le milieu marin est imprévisible et qu’il est difficile de couvrir tous les risques.

Quelles données et quels outils avez-vous utilisés pour affiner l’étude ?

G.V. : Les retours d’expérience de la dernière Transat Jacques Vabre, et notamment l’analyse des défauts constatés sur certains bateaux, ont été très utiles pour mener cette étude.

V.L.P. : L’idée était d’obtenir les données collectées par toutes les équipes et de travailler en commun. Car, en termes de fiabilité, le partage nous semble une bonne chose quand l’amélioration de la sécurité des bateaux Imoca, et donc aussi celle des marins, est en jeu.

Quels sont les grands points de consolidation qui en sont ressortis ?

V.L.P. : Le tiers avant et le tiers arrière des bateaux sont les plus fortement soumis aux impacts des vagues : nous avons prévu des renforts de cloisons pour ces zones, en ajoutant de la fibre ou des raidisseurs.

G.V. : Il a aussi fallu s’assurer qu’il n’y avait pas de points durs, comme les batteries par exemple, susceptibles d’endommager les fonds de coques. Globalement, nous avons ajouté peu d’éléments et de surcroît très légers.

Vos recommandations ont-elles été suivies par les différentes équipes, et plus particulièrement par le Safran Sailing Team ?

V.L.P. : Dans l’ensemble, oui. Certains bateaux en avaient plus besoin que d’autres. Fruit de notre première collaboration avec Guillaume Verdier, Safran est le monocoque le plus ancien sur lequel nous travaillons. C’est un bateau éprouvé, qui a fait l’objet d’optimisations et qui n’a donc pas eu besoin d’importantes consolidations.

G.V. : Nous lui avons simplement ajouté un renfort sur la zone arrière et un autre à l’avant, à l’intérieur des ballasts. L’objectif étant de maintenir l’intégrité de la structure si elle venait à être endommagée.

Source. http://www.safran-sailingteam.com

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