Vendée Globe. “Alex Thomson voulait vraiment un foiler, un vrai !”

Leader du Vendée Globe ce vendredi matin et impressionnant de maîtrise, Alex Thomson intrigue les observateurs. Son bateau aussi. Didier Ravon, notre confrère de Voiles et Voiliers, est allé questionner l’un des architectes navals de Vannes, concepteur d’Hugo Boss.

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©Marine Nationale / Vendée Globe.

Nombreux sont ceux qui se posent des questions sur Hugo Boss, plan Verdier-VPLP encore plus radical que ses adversaires, et qui effectue une course admirable sur le Vendée Globe, au coude à coude avec Armel Le Cléac’h… le meilleur de tous !

Nous avons donc interrogé hier Quentin Lucet, l’un des architectes navals de l’agence VPLP à Vannes, moins connu mais aussi discret que talentueux, en charge de la coordination de tous les projets IMOCA sur ce Vendée Globe. Vu le nombre de plans « maison » engagés (12 dont 6 nouveaux à foils, ndlr), il n’a pas dû chômer ! « Dans la genèse de ce projet-là, ce qui était super-intéressant, c’est qu’Alex Thomson n’est pas venu les mains vides. Il est arrivé en ayant déjà bien pensé à son bateau », explique Quentin. « Il savait ce qu’il voulait, avait fait des études préliminaires très poussées en bassin de carène, beaucoup travaillé sur les foils, réfléchi à des tas de détails… Il nous a dit ceci : moi les gars, voici ce que je pressens. Qu’en pensez-vous ? Comme ce qu’il amenait était vraiment pertinent, nous avons pris un peu de ses idées et un peu des nôtres pour arriver à ce que l’on connaît aujourd’hui. Ça a été génial de bosser avec lui. »

VPLP et Verdier ont alors imaginé ce bateau un peu plus étroit, cette étrave biseautée et inversée extrapolée des multicoques afin de limiter le frein à la sortie de l’eau en taillant dans le livet comme on pèle un fruit, et Alex a été séduit. « Il voulait également des foils qui n’en finissent pas afin de les utiliser plus tôt (dès 11-12 nœuds de vent contre 13 à 14 pour les autres) mais aussi de les rétracter plus tôt. On a finalement trouvé une espèce de compromis, car ses premières demandes étaient très typées, lui voulant clairement un foiler, un vrai ! » ajoute t-il.

Par Didier RAVON, Voiles et Voiliers

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