Gitana

Maxi-multi. L’envol de « Gitana 17 »

Lundi de bon matin à Vannes, au chantier Multiplast, le nouveau né de la saga Gitana a été mis à l’eau sous le soleil vannetais. Un maxi multi de 100 pieds audacieux pour tenter de battre les records en solitaire et aussi en équipage. Pour Sébastien Josse et son team, c’est un défi fantastique. Il estime à deux ans le temps de mettre au point ce bateau.

©Le télégramme


Il y avait des sourires dans le team Gitana, lundi. Après 20 mois de chantier, l’oiseau bleu et blanc allait enfin toucher son élément. Extrêmement fin, des carènes très particulières « en inversion sur les flotteurs », comme le précise Cyril Dardatshi, une dérive en aile de raie : la plateforme du maxi « Gitana 17 » est très audacieuse.

Deux ans pour l’avoir bien en main

« On est au début de ces bateaux et c’est top d’avoir ce 100 pieds construit autour des foils », précise Sébastien Josse. Maintenant qu’il est à l’eau, il va falloir le prendre en main : « Pour mener le développement à terme, il nous faudra au moins deux ans. Car la plateforme est très avancée. On va y aller pas à pas. On voulait faire différent alors on a des carènes plus plates, plus planantes », ajoute le directeur du team. De l’innovation qui a été travaillée et réfléchie avec Guillaume Verdier, l’architecte qui vient de remporter la Coupe de l’America avec les Néo-Zélandais : « Le problème de ces bateaux-là, c’est qu’ils ont un gros moteur (650 m²) et un petit frein. Il faut trouver et travailler sur l’aérodynamique. On essaie une plateforme pour que le marin soit plus à l’aise : la meilleure position pour aller plus vite avec des trim tabs (surélévateurs de safran) », explique Guillaume Verdier. Parce que l’objectif n’est pas de faire des pointes de vitesse (55 noeuds théoriques) mais de pouvoir maintenir des vitesses moyennes élevées.

Transat Jacques Vabre en galop d’essai

Ce bateau est conçu pour battre les records en tous genres : en solitaire mais aussi en équipage. « On le voulait polyvalent. Il va être complexe. On va découvrir plein de choses. On a mis toutes les options et maintenant on va les valider ou en enlever si besoin », dit Josse. À peine à l’eau, le maxi a mis le cap sur Lorient où il a été mâté dans l’après-midi. « Dans les jours à venir, on va faire des tests. On avait essayé les safrans en T sur le Gitana 15 puis les foils en L sur le 16. Au bout de deux essais, on avait fait voler le bateau. Là, c’est la compilation de nos réflexions ». Des foils, construits en Italie, tellement grands qu’ils n’ont pas pu être mis sous la grue. Ce bateau nouvelle génération va encore raccourcir les distances : « Le problème est souvent la stabilité en gîte et pour ça, on a mis une dérive en T », ajoute Guillaume Verdier. Définitivement, ce multi surprend. Maintenant, il faut attendre les essais en mer. Il leur reste trois mois pour être au point avant la Transat Jacques Vabre, que Sébastien Josse disputera avec Thomas Rouxel. « Ce qui va être bien, c’est de pouvoir voler au large. C’est sûr que dans certaines conditions avec une mer formée, on ne pourra pas mais on réussira de plus en plus longtemps et de plus en plus souvent. Et pour les records, il y a encore moyen de gagner. Sur un tour du monde, par exemple, si on vole dans les alizés, on pourra gagner sur la descente et la remontée de l’Atlantique », ajoute le skipper. Et avec ses quatre guerriers et sa sirène, dessinés par l’Américain Cleon Peterson, Josse est prêt pour le défi.
Rédigé par Aline Merret

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